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CHRONIQUES
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MOVRIR
"Nous, le venin"
2026
(Pelagic Records)
Discographie
Animal Bouffe Animal (2020)
Disgrâce (2022)
Insolence (2025)
Nous, le venin (2026)
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La vie d'un amateur de musique Metal mérite d'être vécue. Au moins pour connaître l'expérience de MOVRIR.
MOVRIR est en conception durant l'hiver 2016 avec la naissance de Vermines, le one-man-band d'Olivier Lolmède, le bassiste toulousain Plebeian Grandstand. Groupe mêlant Black Metal et powerviolence, Vermines sort sur cassette cinq titres sur bandcamp et c'est un franc succès, au point de devenir un combo à part entière et de changer son nom en MOVRIR.
L'enfance du désormais quatuor se construit par un premier album "Animal Bouffe Animal" en 2020, puis "Disgrâce" en 2022 dans le foyer du label nantais Throatruiner qui héberge déjà Fange, Love Sex Machine et Pigeon. L'Ep expérimental "Insolence" (2025) est le passage à l'adolescence avec une signature chez les berlinois de Pelagic Records, au catalogue bien chargé, comptant notamment Bruit, dont justement Théophile Antolinosa rejoint les rangs de MOVRIR.
Nous retrouvons aujourd'hui, un groupe dans la force de l'âge, mâture, qui nous délivre un nouvel opus qui sort le 10 Juillet 2026, toujours chez Pelagic Records. Avec "Nous, le venin", à travers son Black Metal expérimental, MOVRIR continue l'introspection de l'homme moderne, et un refus du progrès destructeur.
Cette démarche est parfaitement illustrée par cette pochette : un homme nu, paraissant désabusé et seul. Cette huile sur toile est signée du jeune et talentueux artiste de la Ville Rose Thomas Davezac, diplômé en anthropologie et préparant un doctorat en création artistique et recherche du monde de l'art. L'album est distribué en CD et Vinyle de couleur beige.
Une ligne de batterie entame l'album et "Feu d'un regard". Les notes bourdonnantes des guitares s'amplifient petit à petit pour entraîner l'auditeur dans un tourbillon. Le chant tiraillé d'Olivier est une déchirure. Et c'est un véritable paradoxe pour cet extrait avec cette oppression vocale et la beauté heureuse du texte. Le rythme oscille entre extrême lenteur et emballement entrecoupés de silences pour un arrêt net.
La guitare, assistée des fûts, continue de nous envoyer dans ce chaos sonore. L'ambiance de "Ennui ennemi" paraît malsaine. Les cordes s'envolent malgré de nombreuses distorsions pour un passage dans les nimbes paisibles avant de retomber dans la torpeur.
"Mon rêve animal" transporte l'auditeur non pas dans l'onirisme mais dans un cauchemar. Le rythme du début est comme un brouillard épais, la batterie tachycarde, la guitare est lourde et le chant se tordant de douleur. Parfois intense, parfois pesant, ce titre réussit à transposer la musique à ce rêve horrible qui nous réveille au milieu de la nuit, transpirant et haletant.
Les stridulations des cordes de l'intro de "Je est absent" tranche avec la fin du précédent item. A travers un texte profondément misanthropique à la limite de l'autisme, le quatuor nous mène vers une colère froide qui tente de s'apaiser à la moitié du titre, pour mieux exploser par la suite, tentant d'expulser toute la haine et la détresse du narrateur, avant d'entamer la phase d'épuisement.
On repart de plus belle avec cette énergie négative de "Aux inutiles". Ce titre, le plus court de l'album, est une ode marquée par de nombreux changements de rythme et de timbre de voix, ce qui le rend davantage pathétique.
Enfin, le titre éponyme, "Nous, le venin" nous plonge à nouveau dans une ambiance sale, pesante et horrible, comme ce monde dans lequel on vit, que l'on détruit. Une sensation de mal-être et magnifiée durant dix minutes.
Pendant presque une heure et à travers six titres aux textes courts mais percutants, le Black Metal de MOVRIR, nourri de Doom, de bruitisme et de cris, réussit à nous faire réfléchir sur nos vies, qui sont nos petites morts, nos responsabilités et nos consciences. A travers cette chute, MOVRIR s'éléve au rang des grands de l'expérimental, rejoignant Blut Aus Nord et Decline Of The I, avec la détresse d'Amenra.
Aux vues de leurs prestations récentes dans différents festivals tels le Hellfest, et Rock In Bourlon, et à l'écoute de cet excellent album qu'est "Nous, le venin", MOVRIR a encore tellement de choses à nous faire vivre, qu'il n'est pas prêt de passer de vie à trépas.
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Chronique par Blut Sauger
Juillet 2026
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01 - Feu d'un regard (6:24)
02 - Ennui ennemi (5:08)
03 - Mon rêve animal (7:52)
04 - Je est absent (7:39)
05 - Aux inutiles (4:13)
06 - Nous, le venin (10:09)
Paroles :
Indisponibles. Ajoutez les paroles
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Musiciens
: Olivier Lolmède (Chant/Guitare), Alexandre Bérenguer (Guitare), Théophile Antolinos (Basse), Maël Pretet (Batterie)
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